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Newroz 2011/ Chapiteaux du Paix

DTK Democratic Autonomy

Guerre et Paix au Kurdistan


Le cessez-le-feu est terminé
Une nouvelle étape a commencé

Les domaines civiles dans la cible
de l Iran et de la Turquie

KCK Statement 5 points

Dossier IRAN

KNK

DECLARATION POUR UNE SOLUTION DEMOCRATIQUE
Proposé par deniz le Samedi, 29 Décembre 2007
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siyaset Le problème kurde est l’un des plus fondamentaux et des plus anciens du Moyen-Orient. Cette question, ayant des sources politiques, nationales et sociales, doit être prise au sérieux par les puissances concernées. Elle se doit d’être discutée avec tous les interlocuteurs en fonction de son importance en terme de paix, de stabilité et de confiance dans la région. Au lieu de cela, et malgré la volonté affirmée des kurdes, on peut voir que les forces régionales et internationales préfèrent considérer le problème comme une question de terrorisme et de sécurité à traiter dans des ententes bi ou trilatérames et de le prendre en main comme un simple moyen de négociations.
Le 5 octobre 2007, lors de la rencontre entre le Président des Etat Unis d’Amérque, George W. Bush, et le Premier Ministre turc, R. T. Erdogan, à Washington, le représentant de la lutte de libération de notre peuple, le PKK, a été déclaré comme étant l’ennemi à détruire ; mais il n’a pas été dit le moindre mot sur la résolution de la question kurde, dont le PKK n’est qu’une conséquence. L’Union Européenne quant à elle, en donnant son feu vert aux opérations de destruction turque participe à la prise de confiance de l’Etat turc dans le développement de ses nouvelles politiques d’anéantissement des kurdes. Il est pourtant clair que ce genre d’approche, souvent répétées, n’ont jamais abouti à la moindre solution.

Durant cette phase, différents milieux, à commencer par la partie turque, attendent de nous que nous prononcions un cessez le feu unilatéral. Alors que d’une part, tout est mis en œuvre pour anéantir l’organisation et l’institutionnalisation que notre peuple a développer avec tant de labeur et 30 de lutte, de l’autre côté, on nous adresse certains messages annonçant que le problème kurde allait être résolu par différents canaux. D’ailleurs le Premier Ministre turc ne cesse d’annoncer, d’une manière très peu claire et très peu rassurante, qu’il a certains projets. Notre cessez le feu ponctuel d’août 2005 répondant à un discours du Premier Ministre et celui du 1e octobre 2006 pour une durée indéterminée, n’ont reçu que des réponses militaires, d’où le manque de confiance. Chacun doit comprendre que tant que des avancées significatives n’auront pas eu lieu, le peuple kurde n’aura pas confiance. Il avant tout que la position des puissances en présence se clarifie : quelles sont celles qui veulent réellement résoudre le problème kurde, et quelles sont celles, au contraire, qui veulent mettre notre peuple dans une position d’attente sans lutte, pour pouvoir plus facilement l’anéantir.

Plutôt que de chercher à calmer la situation, chaque jour de nouveaux concepts destinés à isoler à détruire notre mouvement sont dévoilés à l’opinion publique. Sans compter qu’en parallèle l’Etat turc continue dans le même temps toutes ses opérations et sa répression contre les dynamiques militaires, politiques et sociales kurdes.

Il est clair que le problème kurde est à un stade très critique. En tant que Mouvement de Libération, nous tenons à dévoiler notre projet de solution pendant cette phase au combien critique et importante, pour ouvrir la voie à une possible résolution et répondre positivement à tous les milieux qui attendent de nous un tel geste.

Depuis plus d’une quinzaine d’années notre Président et notre Mouvement ont montré beaucoup de bonne volonté pour résoudre le problème kurde par des voies pacifiques. Depuis 1993 5 cessez le feu unilatéraux ont été prononcés et de nombreux efforts ont été faits pour le développement d’un processus démocratique et pacifique. Cependant à chaque fois, l’Etat turc a répondu à nos efforts par de vastes opérations d’anéantissement. En tant que la partie, pour démontrer notre bonne foi et notre volonté de résoudre pacifiquement la question, en 1999 nous avons dépêché en Turquie 2 groupes pour la paix, l’un venant de la Guérilla, l’autre des milieux politiques. De même, pour empêcher les affrontements et les accrochages, nous avons décidé à la même période retirer nos forces hors de zones de combat, et cela même alors que ce retrait nous a couté énormément de pertes. Chaque effort, Chaque sacrifice que nous avons fait a été considéré par l’Etat turc comme une preuve de faiblesse, et à chaque fois toutes les voies de résolution ont été bloquées.

L’opinion publique n’est pas sans savoir qu’il y a un an différentes puissances internationales, à commencer par les USA et l’UE, certaines institutions de l’Etat turc, certains milieux politiques, à commencer par le DTP, certains intellectuels et artistes ainsi que les représentants de l’Etat Irakien ainsi que ceux du Kurdistan Sud ont appelé notre mouvement à prononcer un cessez le feu. Avec l’appel de notre Président le 1e Octobre 2006 nous avons prononcé un cessez le feu unilatéral. L’Etat bien loin de répondre à ce cessez le feu, a préféré le considérer comme un scénario de démembrement de la Turquie. C’est pourquoi, il a décidé d’attaquer les forces, qui se trouvaient en position de cessez le feu, de manière décuplée afin d’en finir avec elles. Ainsi depuis le 1e octobre 2006, les forces armées turques ont lancé plus de 579 opérations, parmi lesquelles plus de 460 ont ouvert la voie à des affrontements qui ont couté plus d’un millier de perte dans les ceux camps.

Pendant cette même période le Chef d’Etat Major de l’Armée turque a déclaré à plusieurs reprises à l’opinion publique que les ‘opérations allaient continuer jusqu’à ce qu’il n’en reste plus un seul’ et que tous les guérilléros devaient être éliminés par des méthodes violentes. Par ailleurs, il y a eu d’importantes pertes matérielles et morales. Avec ceci, l’Etat turc a mis en œuvre tout un mécanisme de lynchage politique et de guerre psychologique pour réprimer la base politique kurde. Ces attaques ne sont pas restées limitées aux civils et aux guérilléros, elles ont aussi porté contre les élus du peuple kurde. Alors que le niveau de l’isolement et des attaques contre notre Président, qui constitue l’un des points les plus sensibles de notre peuple, a été relevé, une agression directe contre sa vie est survenue à travers l’empoisonnement dont il a été victime.

L’Etat turc, n’obtenant aucun résultat par ses attaques répétées contre les dynamiques de libération du peuple du Kurdistan Nord, partant de la thèse selon laquelle ‘le danger viendrait de l’extérieur’  met à l’ordre du jour l’invasion du Kurdistan Sud. Une autorisation allant de ce sens a été accordée l’Assemblée nationales turque, qui est en réalité source d’une nouvelle instabilité et d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient. Le Gouvernement AKP utilise cette carte comme moyen de négociation avec les Etats-Unis et les forces politiques du Kurdistan Sud. Vu la pression militaire et politique, on peut dire qu’une attaque ressemblant curieusement celle qui menaçait la Syrie en 1998 est d’actualité. L’Etat turc vise à pousser les Etats-Unis et les forces du Kurdistan du Sud à nous affronter et par la même faire renaître les conflits inter-kurdes. Le premier objectif est certes l’anéantissement de notre Mouvement, mais le but à long terme de cette stratégie est bien de tuer ou prendre sous son contrôle l’ensemble des dynamiques nationales kurdes où qu’elles se trouvent.
Malgré toutes ses attaques et tous ses plans l’Etat turc cherche à se poser en victime et met en œuvre tous ses canaux de diplomatie et d’information pour pouvoir trouver soutien à cette déformation. Malheureusement différentes puissances internationales ont apporté leur soutien à cette manipulation, pour des raisons économiques ou politiques. Il est clair que c’est une injustice qui maltraite la morale humaine.
Pourtant la situation est totalement contraire : ce sont le peuple kurde et ses représentants légitimes qui victimes de ces attaques. Le nombre des opérations, leur envergure et les déclarations des généraux en sont la preuve. La guérilla n’est pas en position d’attaque mais de légitime défense. C’est l’armée turque qui est sur l’offensive et ses pertes ne sont que le fruit de son agressivité.

Ceux qui nous ont appelé à prononcer un cessez le feu en 2006 ont généralement préféré rester silencieux face aux agressions de l’Etat turc et n’ont pas fait le moindre effort pour une évolution pacifique de la période que l’on traverse. De même que leurs promesses sont restées vaines. Aujourd’hui une fois encore, ces même puissances nous demandent de prononcer un nouveau cessez le feu. Nous tenons à réitérer notre respect à tous les efforts fait en vue d’une résolution par les voies démocratiques. Nous sommes prêts à remplir tous les devoirs qui nous incombent pour faire taire les armes et entrer dans un processus de paix. Le cessez le feu décrété le 1e octobre 2006 n’a pas été levé, mais les attaques réitérées de l’armée et de l’Etat turc ont mis fin au climat de cessez le feu. Si aujourd’hui les adressions de l’Etat turc contre nos forces, notre Président, notre Peuple et nos Institutions Démocratiques venaient à cesser, le climat d’affrontement actuel laisserait place à un climat sans conflit. Ainsi le silence des armes se trouvera matérialisé.
Aujourd’hui le fait que ceux qui veulent une résolution pacifique du problème kurde et qui nous demandent de décréter un cessez le feu, fassent pression sur la Turquie pour qu’elle respecte le cessez le feu prononcé en 2006, sera une porte ouverte sur la résolution du problème. Tout simplement parce que si l’armée turque respecte le cessez le feu, on entrera de facto dans une telle phase. Alors on pourra parler de silence définitif des armes et mettre au point les projets en ce sens. Nous pensons qu’un tel projet est possible dans le cadre énoncé par le DTP d’autonomie démocratique. Une résolution autour d’un Kurdistan autonome et démocratique dans le cadre de la République de Turquie ouvrira la voie à une union stable.
Voici les points clefs d’une telle solution :

1-    la reconnaissance de l’identité kurde et le regroupement dans un cadre constitutionnel de toutes les identités sous la coupole d’une identité supérieure « de citoyen de Turquie »
2-    la levée de toutes les entraves à la culture et à la langue kurde, la reconnaissance du droit à l’éducation en langue maternelle et au Kurdistan du kurde comme 2e langue officielle à côté du turc ; mais le respect de tous les droits culturels de toutes les autres minorités.
3-    La reconnaissance des droits politiques et d’organisation sur le fondement des libertés de conscience, de religion et d’expression. L’interdiction de toutes les discriminations sources d’inégalité, sexuelles notamment, dans la constitution ou dans la loi.
4-    La libération de tous les prisonniers politiques, y compris le Président du PKK, et la levée de toutes les entraves au retour à la société, afin de permettre aux deux peuples de se pardonner mutuellement et de relancer une dynamique d’union librement consentie.
5-    Le retrait des forces de ‘guerre spéciale’ qui se trouvent au Kurdistan, l’abolition de la fonction de protecteur de village et la mise en place d’un programme économique et social visant le retour des villageois poussés à l’exode.
6-    L’adoption d’une nouvelle loi sur les collectivités territoriales et la revalorisation des pouvoirs des autorités locales.
7-    Parallèlement aux articles précités la mise en place d’un calendrier commun aux deux parties visant à organiser le retour des guérilléros ‘à la vie démocratique et légale’ et le dépôt échelonné des armes.

Dans ce cadre, il est possible de régler la question kurde sans toucher aux frontières existantes. Le plus important est qu’il soit donné au peuple kurde un espace démocratique dans lequel il puisse vivre librement. Ce projet permet aux intérêts des deux parties de se recouper et de renforcer les fondements d’une unité libre. L’existence et la liberté du peuple kurde ne menace les intérêts d’aucun peuple ni d’aucun Etat. Notre peuple réclame juste les droits qui naissent du fait même d’être un peuple. Ce qui n’est possible que sous la condition de la démocratisation des Etat qui tiennent le Kurdistan sous leur souveraineté. Par conséquent la résolution du problème kurde servira le développement de la démocratie et de la stabilité dans la région.
Nous appelons toutes les forces démocratiques, tous ceux qui veulent la fraternité des peuples et de la paix, et tous les intellectuels à prendre leur responsabilité pour pouvoir obtenir une résolution pacifique et démocratique de la question kurde. Etre démocrate, c’est aujourd’hui s’opposer à la politique de l’Etat turc visant à terroriser la population kurde et à développer le racisme. La politique de l’AKP consistant à mettre en avant les collabos kurdes, n’apporte aucune solution et est très dangereuse. Nous appelons tous les milieux démocratiques à faire front à cette politique de l’AKP et à œuvrer pour le développement d’une solution dans le cadre de la fraternité des peuples.

Nous appelons l’Etat Turc et l’AKP à abandonner cette politique d’anéantissement qui perdure depuis 84 ans et à débattre du projet que nous leur proposons afin d’aboutir à une solution sur le fondement de l’acceptation de la volonté kurde. Le gouvernement de la RT ne doit pas rechercher la solution à l’extérieur mais plutôt voir que c’est un problème inhérent à la Turquie qui doit être réglé avec les représentants légaux et légitimes du peuple kurde.
Quand bien même le peuple kurde a été divisé en 4 contre sa volonté, les dernières évolutions démontrent à quel point la destinée de tous les kurdes est commune. Par conséquent, toutes les forces politiques kurdes, à commencer par le gouvernement du Kurdistan Sud, doivent prendre leur responsabilité et œuvrer pour la résolution démocratique du problème kurde. Il faut savoir que la résolution pacifique du problème kurde en Turquie concerne l’avenir de toutes les parties du Kurdistan.

Le fait que les puissances internationales, les Etats-Unis en premier lieu, déclarent le PKK ennemi ne résoudra pas les choses. Contrairement à ce qu’avance l’Etat turc, ce n’est pas notre Mouvement la source du problème, mais la politique négationniste de l’Etat turc. La résolution démocratique du problème sera bénéfique à la tranquillité et à la stabilité de la région, de même qu’elle participera à l’instauration de la paix mondiale. Nous voulons préciser que nous sommes prêts à discuter et à participer à tout projet qui sera mis au point en ce sens par les puissances mondiales ou régionales. Toutes les formules avancées, qui consistent en la recherche d’une solution ‘sans le PKK et sans Ocalan’ ne sont que perte de temps et ne peuvent que creuser l’impasse. Parce que jamais notre peuple n’acceptera que ses représentants légitimes soient écartés.

En tant que partie kurde, alors que nous déployons tous nos efforts dans l’espoir d’une solution pacifique, il est évident que, si dans le même temps, un nouveau concept de destruction est employé à nos dépens, nous résisterions avec beaucoup de détermination. Dans toutes les parties du Kurdistan le peuple kurde veut résoudre les questions pacifiquement et non par la voie de la violence. Nous accordons beaucoup d’importance aux efforts fournis pour la résolution du problème par les partisans de la paix et de la démocratie dans la région. Si les forces souveraines au Kurdistan et les puissances internationales arrêtent de vouloir écraser la question kurde par des ententes bi ou tripartites et mettaient en place un mécanisme de conférence internationale où toutes les parties seraient présentes, les bases d’une résolution dans les 4 parties seraient lancées, sur fond de coopération régionale et stabilité démocratique.
Au contraire le fait de développer des politiques visant à créer des conflits inter-kurdes n’est qu’une preuve de mauvaise volonté. Celui qui se considère l’ami du peuple kurde ne peut soutenir de telles politiques. Sachant que le temps des conflits internes aux kurdes est révolu, aucun mouvement kurde ne doit se laisser prendre au piège. Toutes les forces du Kurdistan doivent adopter une ligne nationale et démocratique, comprendre que c’est la bé abas du patriotisme et tenir cette position. Parce que ce n’est qu’en adoptant une telle position politique que l’on pourra utiliser à bon escient cette chance historique pour la lutte de libération de notre peuple. Ainsi aucune force nationale ne doit donner espoir à toutes ces politiques de négation et d’anéantissement et accorder l’importance qu’elle mérite à la solidarité inter-kurde.

Tout patriote kurde, où qu’il se trouve, qu’il soit jeune, femmes ou de n’importe quelle couche sociale, doit suivre attentivement la mise ne place de cette politique nationale et démocratique, et être en mesure de s’y opposer en cas de déviance.
Plus que jamais la question kurde est proche de sa solution. Les Etats dominants qui voient dans cette solution un danger pour leurs intérêts sont pris de panique et mettent tout en œuvre pour l’empêcher. Mais il est évident que les politiques de négation et d’anéantissement destinées à écraser la volonté des kurdes n’aboutiront à rien. Chaque tentative visant l’anéantissement ne pourra que creuser l’impasse, et n’amènera aucune solution ; ne pourra que provoquer les affrontements et l’instabilité et ne sera guère source de paix et de stabilité.

Ceci est sur : le peuple kurde réorganisé sous la direction du PKK, reposant sur ses nouvelles dynamiques démocratiques et nationales, et doté d’une grande expérience de la résistance, est en mesure de continuer à lutter et de résister de longues années en ne se fondant que sur ses atouts propres. Nos amis, notre peuple et les puissances concernés ne doivent nullement douter sur ce point. Ainsi le seul moyen de résoudre le problème, passe  non pas par la violence, mais bien par la voie du dialogue. Dans le cas contraire, une période chaos et d’affrontements risque de voir le jour, qui ne sera dans l’intérêt de personne.
En tant que Mouvement, nous refusons une telle possibilité et par cette déclaration, nous déclarons solennellement que nous acceptons les appels qui nous ont été lancés par les puissances concernées pour permettre une solution démocratique et pacifique de voir le jour. Nous appelons enfin toutes les puissances concernées à œuvrer pour une résolution démocratiques de la question et à prendre leur responsabilité.

Conseil Exécutif du KCK et Présidence du Kongra-Gel
30 novembre 2007
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