
Le peuple kurde est un peuple toujours privé de sa liberté. Malgré sa population qui compte plus de 35 millions et son histoire ancienne, ce peuple est toujours privé de ses droits culturels, politiques et humanitaires. La répression pratiquée contre ce peuple ne connaît pas les limites étatiques. Les Kurdes vivant en Turquie, en Iran, et en Syrie subissent les mêmes répressions étatiques. Ceci, malgré des progrès démocratiques dans le monde entier et, surtout en Europe.
Depuis
le 3 octobre 2005, la Turquie
est devenue une vraie partie de l’Union
Européenne. Cette dernière institution
ne peut échapper
aux
problèmes existants en Turquie, et au sein
desquels la
question kurde occupe une
grande place. Le rôle que l’Union
Européenne doit jouer dans cette question est
donc très important. Les Kurdes attendent un effort
remarquable de la part des
institutions européennes. Avec cette ouverture des
négociations entre la
Turquie et l’Union, la solution de la question kurde devrait
être une priorité
pour les autorités européennes. A partir du mois
de septembre de cette année,
les institutions comme le Parlement Européen et la
Commission Européenne devront
s’occuper de cette affaire. Sinon, avec la multiplication des
affrontements
entre les forces armées turques et la guérilla
kurde, la guerre s’aggravera de
plus en plus au Kurdistan et même en Turquie. C’est
un véritable risque.
Dans
un tel processus malheureusement,
certains pays européens pratiquent une politique plus
sévère contre les Kurdes
et leurs institutions. La politique du gouvernement allemand qui est
pratiquée contre
les associations culturelles des Kurdes en est un exemple. Au lieu de
fournir des efforts
pour trouver une solution à la
question kurde, le gouvernement de Madame Merckel est en train de
collaborer
avec le gouvernement turc. Bien sûr, les Kurdes ne sont pas
contre les
relations économiques entre les états, mais ces
relations ne doivent pas influencer
l’aggravation de la répression contre les droits
des peuples.
L’actuelle
politique allemande
rend un service politique et diplomatique à
l’état turc. Nous savons bien que,
depuis les années 1980,
la même
politique de répression est appliquée par les
autorités allemandes contre les
Kurdes vivant dans ce pays. Cette politique est toujours en vigueur
aujourd’hui.
Les responsables politiques kurdes,
qui
sont réfugiés en Allemagne, sont
arrêtés et emprisonnés injustement de
façon
régulière. Les associations kurdes dans ce pays,
dont le but est tout à fait
culturel, sont perquisitionnées, leurs dirigeants et membres
sont empêchés de
faire leurs activités. Plusieurs dirigeants
de ces associations ont été
arrêtés
et condamnés. Bien sûr, nous devons dire
qu’une telle attitude ne respecte pas
les standards démocratiques européens.
Pour
protester contre cette
attitude de l’état allemand, les dirigeants de la
Fédérations des Associations
Kurdes dans ce pays ont déclaré que leurs 65
associations sont désormais fermées
et que leurs activités sont suspendues. La raison qui a
poussé cette Fédération
à fermer les portes de ses associations est due à
la pratique de la politique
répressive du gouvernement de Mme Merckel. Nous ne savons
pas jusqu’à
quand les portes de ces associations resteront
fermées. Mais, ce qui est certaine,
c’est que
la politique allemande est fortement condamnée par les
Kurdes.
Il
faut rappeler que les Kurdes
vivant en Allemagne sont les plus anciens exilés du
Kurdistan. Les associations
culturelles kurdes dans ce pays sont les plus anciennes des
institutions kurdes
en Europe. Le rôle de ces associations a occupé
une place importante dans le
domaine des activités culturelles et intellectuelles parmi
la communauté kurde dans
ce continent. C’est pourquoi les dirigeants de ces
associations attendent un
soutien de la part des milieux démocratiques allemands et
aussi européens. Une
solidarité doit s’organiser autour de cet acte de
protestation des Kurdes.
En
ce moment où l’Union
Européenne est en train de pousser la Turquie vers un
processus démocratique,
ce comportement du gouvernement allemand n’est pas
compréhensible. Il faut
savoir que la fermeture des institutions kurdes ne sert pas les
intérêts
européens. Par contre, ceci créera des
problèmes autant pour la Turquie que
pour les pays européens. Car les associations et
d’autres institutions kurdes
en Europe ont toujours joué un rôle positif dans
le processus de la lutte de
liberté du peuple kurde. C’est pourquoi, au lieu
d’empêcher ces institutions de
fonctionner, il faut que l’Union Européenne les
soutienne pour qu’elles
pratiquent leurs activités.
Bien
que les pays
européens développent
leur soutien aux
associations et aux institutions civiles, cette politique
n’est pas appliquée pour
les Kurdes. Les droits qui sont reconnus aux être humains, ne sont hélas,
pas applicables pour les
Kurdes. Cette attitude hypocrite des certains pays européens
ne doit pas être
acceptée par les milieux démocratiques en Europe.
Malgré
tout, nous, intellectuels
kurdes, avons l’espoir en la
solidarité entre les peuples et les milieux
démocratiques.
Ahmet DERE