A l’Opinion Publique Internationale-1er Octobre 2007/
A l’occasion du premier anniversaire d'un cessez-le-feu que nous, Mouvement de Libération du Kurdistan, avons décrété le 1er Octobre 2006, dans le but de favoriser la paix et la liberté, sur des bases égalitaires, entre les peuples Kurdes et Turcs, et de contribuer à stabiliser le Moyen-Orient, nous nous faisons un devoir de dresser le bilan de cette période et de le porter à la connaissance de l’opinion publique internationale.
Le Parti pour une Société Démocratique (DTP), des milieux politiques sensibilisés, des institutions civiles populaires ainsi qu'un certain nombre d’intellectuels et d'artistes nous avaient demandé de donner une nouvelle chance à la paix et, parallèlement, de nombreuses institutions étatiques influentes envoyaient également des signaux dans en ce sens. La présidence de la république d’Irak, le Président de la région autonome du Kurdistan irakien et son gouvernement avaient également invité notre mouvement à décréter un cessez-le- feu, en faisant savoir que la situation internationale était mûre pour trouver une issue favorable à la paix et à la démocratie. Des puissances internationales avaient fait des déclarations similaires, notamment par l'intermédiaire du chargé de communication au Ministères des Affaires Etrangères des Etats-Unis qui, à l’occasion du 22e anniversaire de l'évènement du 15 Août 1984•, avait demandé à notre organisation de faire taire les armes. De la même manière, de nombreuses institutions représentatives de l’UE avaient diffusé des messages allant dans le même sens. Ces groupes et institutions avaient laissé entendre que toute avancée dans ce sens permettrait de bâtir de solides bases pour une solution évoluant vers la paix en Turquie. En réponse à tous ces appels et à l'invitation de notre Président, Abdullah Öcalan, nous avons, lors d’une réunion de nos cadres, décrété, pour la 5ème fois, un cessez-le-feu à compter du 1er Octobre 2006.
Durant cette période de 12 mois, l’armée turque a lancé 483 opérations dont 5 menées conjointement avec l'Iran qui ont donné lieu à 406 affrontements, les pertes de l’Etat turc s’élevant à 852 morts et 476 blessés et celles de la guérilla à 181 martyrs. La responsabilité de ces pertes en vies humaines incombe entièrement au gouvernement AKP et à l’Etat turc qui ont conduit ces opérations en dépit du cessez-le-feu.
Alors que notre mouvement restait fidèle aux termes de son cessez-le- feu malgré les pertes subies, l’Etat Major de l’armée turque Buyukanit multipliait ses déclarations en vue de liquider les acquis aux quatre coins du Kurdistan, tout en les minimisant, et l’Etat turc redoublait d'efforts et de manœuvres occultes, tant au niveau régional qu'international, pour retarder le référendum prévu à Kirkuk, les massacres de Kirkuk, Senghor, Mossoul et Mahmur lui permettant d'accélérer les accords anti-kurdes, anti-PKK avec l’Iran et la Syrie dans le but d'empêcher la reconnaissance, pour le peuple kurde, d’un statut au moment où le Moyen-Orient est en pleine mutation. Pour arriver à ses fins, l’Etat turc n'hésite pas à utiliser le poison pour intenter à la vie de notre Président Apo, Abdullah Öcalan qui se bat pour imposer une solution démocratique. L’Etat turc, visant la liquidation de notre mouvement, veut priver notre peuple de son Guide qui paie chaque déclaration en faveur d’une solution démocratique par des restrictions encore plus grandes dans le cadre du régime carcéral auquel il est soumis : on veut le faire taire en l'isolant encore plus dans un système où l'isolement strict est déjà la règle.
Après avoir gagné les élections présidentielles, l'AKP s’est entendu avec l’armée pour anéantir notre organisation. C'est auprès des forces répressives basées au Kurdistan que, sitôt élu président de la République de Turquie, Abdullah Gül, membre du AKP, a effectué son premier déplacement officiel, et cette visite marque le point de départ de la mise en application du plan de purification ethnique et d’élimination du peuple Kurde, comme le prouve, sans conteste, l'accroissement du nombre d'opérations et de pertes en vies humaines.
L’Etat turc et l'AKP montrent ainsi que le projet de modification constitutionnel qui doit venir en discussion ne concernera nullement la résolution de la question Kurde et ne fera aucune référence aux droits les plus élémentaires du peuple Kurde. Bien plus, la politique nihiliste sera inscrite dans la constitution.
Les puissances internationales, de leur côté, qui s'étaient pourtant montrées si pressantes, n'ayant donné aucun écho au cessez-le-feu que nous avons décrété, il nous paraît de la plus haute importance d'alerter l’opinion publique internationale et les forces internationales pour leur demander de réagir et de s'opposer à la politique de l’Etat turc qui vise l'anéantissement notre peuple laissé pour compte.
Le cessez-le-feu que nous avons décrété a également été une réponse positive aux appels des milieux intellectuels et démocrates turcs et nous encourageons tous ceux qui aspirent à la paix et à la démocratie à accomplir leur devoir face au concept destructeur et nihiliste de l’Etat turc : ils doivent dénoncer ouvertement les opérations militaires contre notre peuple dont la responsabilité incombe à l'Etat turc, et à son gouvernement AKP, qui a recours à tous les moyens pour préserver ses intérêts et ceux de l’armée.
L’Etat turc qui ne recule devant rien pour appliquer le terrorisme d’Etat a dévoilé son vrai visage lors de la dernière attaque sanglante du 29 Septembre 2007 en mitraillant un minibus de transport en commun à Hemka, village de Beytusebap, dans la région de Sirnak. En dépit des déclarations gênantes des plus hauts responsables de l’armée et des preuves les mettant en cause, les autorités civiles et militaires continuent à nous imputer la responsabilité de ce massacre que nous dénonçons avec force comme nous dénonçons toutes les attaques violentes menées contre le peuple Kurde.
Nous exigeons de l’Etat turc qu'il fasse toute la lumière sur cette opération militaire et qu'il retrouve les paramilitaires responsables de cet acte odieux.
En tant que Mouvement de Libération du Kurdistan, nous sommes disposés, comme par le passé, à apporter toute notre contribution et donner toute facilité pour que lumière soit faite."
La Présidence du Conseil exécutif du Mouvement de Libération du Kurdistan