Conseil de l'Europe -
Strasbourg, 20.11.2007 – Dans le cadre de la session d’automne du Congrès (Strasbourg, France, 19-21 novembre), la Chambre des pouvoirs locaux du Congrès a organisé un débat sur la démocratie locale en Turquie, notamment à la lumière de la situation des maires et des municipalités du sud-est de l’Anatolie.
L’ancien maire de Sur, Abdullah Demirbas, et le maire de
Diyarbakir, Osman Baydemir, participaient à la
réunion. Ils ont décrit les pressions politiques
et les persécutions judiciaires auxquelles les
autorités soumettent les maires et les conseils municipaux
de la région, essentiellement en raison de
l’utilisation de la langue kurde dans les affaires publiques.
Des représentants du Gouvernement turc et du Parti AK, qui
avaient été également
invités à la réunion, n’y
ont pas assisté.
Les discussions ont porté essentiellement sur le rapport
établi par Anders Knape (Suède, L, PPE/DC),
Hans-Ulrich Stöckling (Suisse, R, GILD) et Irina Pereverzeva
(Fédération de Russie, L, SOC), à
l’issue de leur mission d’information
effectuée à Diyarbakir et Ankara (du 8 au 10
août 2007) et adopté par le Bureau du
Congrès le 17 septembre.
Selon les rapporteurs, la législation actuelle est tellement
problématique sur le fond et sur la forme qu’elle
n’est pas applicable : ils citent notamment la distinction
affirmée, mais problématique, entre langues
ethniques et langues internationales, la confusion sur ce qui constitue
exactement un abus de pouvoir « politique » de la
part des collectivités locales, l’incertitude sur
la distinction entre les actions qui relèvent
d’une résolution officielle et celles qui sont
réalisées d’un point de vue purement
administratif ; il y a aussi l’incertitude, qui ressort de
l’affaire de Sur, concernant les protections
procédurales dont peuvent bénéficier
le maire et les conseillers municipaux quand des mesures judiciaires
sont prises à leur encontre ; et peut-être et
surtout, il y a la manière manifestement arbitraire avec
laquelle la loi peut être invoquée et
appliquée lors de différents cas de violations
alléguées de la loi.
Dans sa recommandation au Comité des Ministres, la Chambre
des pouvoirs locaux a demandé que les autorités
turques:
- permettent aux conseils municipaux d’utiliser des
langues autres que le turc pour la fourniture des services publics;
- réforment la législation sur les
municipalités afin de permettre aux maires et aux
conseillers municipaux de prendre des décisions «
politiques » sans craindre de faire l’objet de
procédures judiciaires ;
- et enfin signent et ratifient la Convention-cadre du
Conseil de l'Europe pour la protection des minorités
nationales ainsi que la Charte européenne des langues
régionales ou minoritaires.