AP-L'organisation Amnesty International accuse jeudi la Turquie de ne pas sanctionner les auteurs d'actes de torture.
Les forces de sécurité continuent d'avoir recours
à la torture, aux mauvais traitements et aux homicides avec
une "impunité persistante", dénonce
l'organisation de défense des droits de l'Homme.
"Les enquêtes et les poursuites concernant de graves
violations des droits humains commises par des policiers et des
gendarmes sont insuffisantes et accompagnées de
décisions contradictoires du parquet et des juges", poursuit
Amnesty International dans son communiqué. "En
conséquence, la justice n'est rendue aux victimes de
violations des droits humains qu'avec retard, ou pas du tout".
L'organisation appelle la Turquie à réformer son
système de justice pénale. "Il doit placer la
protection des droits humains des citoyens au-dessus des
intérêts supposés de l'Etat et de ses
représentants", note Nicola Duckworth, directrice du
programme Europe et Asie centrale à Amnesty International.
Son rapport regrette l'"absence d'un organe indépendant
capable d'enquêter de manière impartiale et
efficace sur les violations des droits de l'Homme commises par des
représentants de l'Etat, ainsi que l'absence de
données centralisées sur les violations commises
par les forces de sécurité". Il
déplore que les déclarations obtenues sous la
torture soient jugées recevables devant les tribunaux.
Amnesty International rappelle qu'il y a eu de "très
nombreuses allégations de torture" par la police lors des
manifestations antigouvernementales en mars 2006 à
Diyarbakir, dans le sud-est de la Turquie. Trente-quatre ont
été ouvertes, mais "plus d'un an
après, pas une seule poursuite n'a été
lancée contre un membre des forces de
sécurité", poursuit l'organisation.
Elle observe cependant une "diminution du nombre de signalements de
torture et de mauvais traitements lors de détentions par la
police" et "l'amélioration des garanties relatives
à la protection des suspects contre les mauvais traitements
lors de leur arrestation, détention et interrogatoire".
Mais "l'engagement du gouvernement en faveur d'une
'tolérance zéro de la torture' ne pourra jamais
être considéré comme sincère
et pleinement efficace tant que de vraies mesures ne seront pas prises
pour traduire en justice les représentants de l'Etat qui
violent l'interdiction absolue de la torture et d'autres mauvais
traitements", conclut Amnesty International.
05.07.2007